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Ouvrages

Littérométrie. Outils numériques pour l’analyse des textes littéraires, (avec Michel Beranrd), PSN, 2017.

Aujourd’hui, les outils informatiques font partie intégrante de l’analyse littéraire. Qu’il s’agisse de numérisation de corpus, d’analyses statistiques, ou encore de visualisation de données, ils permettent une nouvelle approche des textes, objective et exhaustive, ainsi que le perfectionnement d’études plus traditionnelles.

Les phrases de Marcel Proust sont-elles réellement plus longues que celles de ses contemporains ? Quels sont les prénoms que Balzac donne le plus souvent à ses personnages ? Comment peut-on caractériser le style de Pascal Quignard ? Quelles sont les couleurs dominantes dans Les Liaisons dangereuses ? Flaubert a-t-il un vocabulaire plus riche que celui de Malraux ? C’est le plus souvent en utilisant les textes sous leur forme numérique et des outils informatiques que l’on pourra répondre à ce type de questions, relevant d’hypothèses spontanées ou de la recherche scientifique. L’objet de cet ouvrage est de présenter les instruments, les ressources et les méthodes qui permettent de constituer un corpus de textes littéraires en vue de son étude informatisée.

Nous proposons ici d’exposer les différentes étapes qui permettent d’analyser un texte avec des outils numériques. Comment récupérer, sous forme numérique, les textes composant un corpus ? Comment préparer un texte ? Quelles corrections ? Quel(s) balisage(s) pour quel(s) logiciel(s) ? En quoi un logiciel de textométrie peut-il être utile ? Quels sont les logiciels de textométrie disponibles ? Ou encore, comment rendre lisibles et accessibles les résultats ainsi obtenus ? Quelles sont les meilleures représentations graphiques ? Quels outils pour mettre en ligne et diffuser les résultats ?

Autant de questions auquel cet ouvrage se propose de répondre.

Ouvrages collectifs

Hubert de Palèse (nom collectif), Les mots de Tête d’Or (2e version), dictionnaire de la pièce de Claudel, Collection Cap’agreg, Nizet, 2005.

Tête d’or, plus encore que le reste du théâtre de Claudel, est réputée être une pièce difficile. Le présent dictionnaire a été conçu dans le but d’aider le “lecteur bienveillant” à se frayer un chemin dans les taillis assez dense de cette pièce, peu ou pas annotée dans les diverses édition qui en sont proposées. On a donc voulu pallier ce manque en fournissant tous les outils d’une lecture attentive et informée de la seconde version de la pièce : une présentation générale de l’histoire du texte, de ces représentations, du contexte dans lequel il a été écrit et publié, de l’oeuvre auquel il appartient, un aperçu général sur le vocabulaire de la pièce puis un glossaire expliquant les mots “difficiles”, les mots réclamant un commentaire historique, littéraire, encyclopédique, les mots intéressants du point de vue thématique, les mots ayant une acception particulière pour Claudel, les mots pouvant donner lieu à des commentaires stylistiques, et enfin une bibliographie aussi complète que possible des éditions et des travaux critiques relatifs à Tête d’or. Le lecteur disposera ainsi d’un outil de travail pour l’explication de texte et pour les leçons portant sur ces aspects thématiques de l’oeuvre.


Hubert de Phalèse (nom collectif), La règle du je dans L’Âge d’homme Collection Cap’agreg, Nizet, 2004.

La Règles du jeu dans L’Âge d’homme. Le jeu sur les mots s’imposait comme titre à cette étude menée à l’aide des technologies offertes aux études littéraires. Trop facile, il était induits par Michel Leiris lui-même, qui, non seulement parle de soi et de ses jeux, mais encore cherche constamment à dégager une règle, comme en témoigne la concordance du vocable et ses préoccupations ultérieures.

Leiris pratique l’écriture du fait accompli de soi dans l’intention paradoxale de déboucher sur un autre lui-même ! Ainsi changera-t-il sa vie, s’il ne peut transformer le monde. Y est-il vraiment parvenu ? c’est ce que l’on vérifiera dans les six chapitres de cet ouvrage destiné principalement aux candidats à l’agrégation, soucieux de préparer systématiquement les épreuves écrites et orales du concours. Deux chapitres (La mise en mots, Fiches), mimant à dessein les pratiques leirisiennes, montrent comment se structure ses obsessions dans le texte, tandis que les autres sections dégagent une poétique de l’œuvre, aident à définir l’usage du vocabulaire ou le situent dans son époque et dans le champ contemporain de la connaissance.


Hubert de Palhèse (nom collectif), Á la recherche des Illusions perdues, Collection Cap’agreg,  Nizet, 2003.

La collection « Cap’Agreg » s’appuie sur un certain nombre de technologies pour proposer des analyses littéraires assistées par ordinateur. Ce volume s’adresse d’abord, et principalement, aux candidats à l’agrégation qui entendent préparer systématiquement les épreuves écrites et orales du concours.

On trouvera six grandes sections dans cet ouvrage consacré aux Illusions perdues.

La première présente les principaux repères historiques et littéraires et dresse un portrait de Balzac en « enfant du siècle » situé par rapport aux systèmes politique, idéologique et littéraire de son époque. La seconde offre une étude centrée sur les particularités et la spécificité du vocabulaire du roman. La troisième propose un certain nombre d’entrées qui relèvent d’une poétique du roman. La quatrième offre un parcours thématique sous forme de fiches entièrement rédigées ou de plan développé, d’éléments pour une leçon, des analyses littéraires consacrées à certains aspects centraux du roman.

Les deux dernières sections fournissent un glossaire expliquant les difficultés du texte et une bibliographie.


Hubert de Palhèse (nom collectif), Les bons contes et les bons mots de Gil Blas, Collection Cap’agreg, Nizet, 2002.

« Les bons contes et les bons mots » sont dans Gil Blas l’objet d’un intense commerce qui constitue le fond des relations humaines et autour duquel s’organisent les destinées des picaros. Ce livre prend au mot le roman de Lesage afin de faciliter l’approche d’une œuvre déroutante par le foisonnement des narrateurs, des références, des épisodes, des sources.

Le roman est d’abord situé dans une tradition littéraire, d’ailleurs moins espagnole que française. On montre ensuite sur quels matériaux textuels préexistants Lesage s’est appuyé pour constituer son récit. Puis on retrace la « fortune » (le mot est tout indiqué) du roman. L’étude du paratexte, un tableau général des chapitres, avec un essai de chronologie générale de la narration, permet de poser concrètement la question du réalisme. L’approche statistique du vocabulaire du roman permet de jauger les originalités, les particularités, les spécificités de l’œuvre et de ses différentes parties.

Suit un parcours thématiques (la route, le costume, le théâtre, les médecins, l’argent, le comique, la sagesse), comme autant de leçons, d’itinéraires permettant de croiser et recroiser les discours du roman pour qu’ils fassent sens. Un glossaire-concordance fournit des repères linguistiques et encyclopédiques pour une meilleure compréhension littérale d’un texte à la simplicité souvent trompeuse. L’index des noms propres permettra de retrouver rapidement tel personnage ou tel lieu dans les pages du livre. 

Ouvrages en  tant que  directeur (avec Martine Beugnet) de la collection Usages Des Patrimoines Numérisés (UDPN)

 

L’impossible Patrimoine Numérique ? Mémoire & Traces, Hélène Bourdeloie & Christine Chevret-Castellani Collection UDPN, Editions le Bord de l’eau, 2019.

A l’ère du numérique, le patrimoine et la mémoire ont pris un sens nouveau. Ils ne se produisent ni ne se transmettent de la même façon qu’auparavant. Leur construction répond de moins en moins à des protocoles et des normes, voire à des hiérarchies sociales ou des autorités politiques. Supports de mémoire lorsqu’elles sont sciemment préservées et hiérarchisées, les traces numériques deviennent des données quand elles sont noyées dans les masses des big data. Pourtant, quel que soit leur statut, les traces perdurent.

Généralement évoquées selon leurs aspects matériels, visibles ou algorithmiques, les traces sont ici abordées d’après leurs dimensions socio-expressives et enjeux psychiques et mémoriels. À la lumière d’observations de terrain et de réflexions philosophiques, ce volume vise finalement à renouer avec un projet humaniste de réappropriation de nos traces numériques.


Matteo Treleani, Qu’est-ce que le patrimoine numérique ? Une sémiologie de la circulation des archives, Collection UDPN, Editions le Bord de l’eau, 2017.

Les espaces médiatiques sont aujourd’hui envahis par les documents d’archives. En circulant sur la toile, les objets patrimoniaux numérisés modifient notre rapport au passé. L’époque actuelle est devenue celle de l’accessibilité immédiate à distance : œuvres, documents et autres types de contenus sont disponibles sans contrainte de temps ni d’espace. Notre conception du patrimoine s’en trouve influencée. Qu’est-ce que le patrimoine à l’ère du numérique ? Comment est-il transformé par une technologie rendant l’accès aux archives si aisé ? À l’heure de la patrimonialisation de masse, où chaque document ou presque est enregistré dès sa création, ces notions doivent être à nouveau mises en question.

À partir d’un panorama des patrimoines dits numériques (des manuscrits numérisés aux journaux télévisés, en passant par le Web et les jeux vidéo), l’ouvrage interroge la production du sens spécifique aux documents numérisés et disponibles en ligne.


Joëlle Le Marec & François Mairesse, Enquête sur les pratiques savantes ordinaires : Collectionnisme numérique et environnements matériels, Collection UDPN, Editions le Bord de l’eau, 2017.

Quels sont les « modes de faire » ordinaires des travailleurs intellectuels (chercheurs, chefs de projets, intellectuels indépendants etc.) et comment s’adaptent-ils aux transformations rapides des technologies de l’écriture et de la lecture? Quel les sont leurs pratiques d’archivage, comment des collections sont-elles constituées ou affectées au cours d’une trajectoire de vie et au fil des projets et des changements dans l’équipement matériel du chercheur ou du chef de projet culturel ?

Les auteurs ont choisi de mener, avec l’ethnologue Dominique Le Tirant, une enquête sur la manière dont des personnes singulières s’organisent, accumulent, jettent, transfèrent, classent, partagent les documents et les objets, au fil des tâches et des projets dans lesquelles elles sont engagées, ou bien tout au long de leur carrière. C’est à partir de ce regard oblique que l’ouvrage cherche à saisir la place du « numérique » dans les pratiques intellectuelles de recherche, et dans l’élaboration réflexive des discours sur le travail intellectuel quotidien.

Articles

À paraître : L’amour en quantité, approche textométrique de Belle du Seigneur, Cahiers Albert Cohen n° 28


À paraître : Manipulation et ambiguïté, La mécanique de l’écriture cohénienne, Revue Europe

La statuaire dans Belle du Seigneur, une sculpture de soiCahiers Albert Cohen numéro 21:  Figure de l’étranger, Éditions Le Manuscrit, 2011.

Ce volume d’articles permet de voir comment l’oeuvre d’Albert Cohen, pleine de références, souvent polémiques, à des artistes de toutes disciplines, fait la satire de leur usage social, quelle représentation particulière elle donne de certains arts tels que le cinéma ou la sculpture, et, au-delà, comment son auteur situe sa propre pratique artistique et sa créativité dans le large domaine des arts.
Il s’agit en outre d’analyser les relations que ses textes entretiennent avec d’autres formes artistiques, notamment par l’adaptation cinématographique. Enfin, le rapport de l’oeuvre cohénienne à la création trouve également à se décliner par le biais d’ateliers d’écriture créative directement nourris d’elle.

 


« Animométrie. Évolutions de la présence du bestiaire dans le roman de langue française des 20e et 21e siècles » (avec Michel Bernard), in Histoires naturelles des animaux XXe-XXIe siècles PSN, 2016.

La fascination pour les bêtes sauvages, bien mise en évidence par Jean-Christophe Bailly dans Le Versant animal, s’étend aussi aux textes qui parlent des animaux. Devenue scientifiquement obsolète comme discipline, l’histoire naturelle, dans son ambition inassouvie d’inventaire universel, peut désormais être explorée comme une réserve poétique de discours sur le monde animal. Entre les lignes, elle dit le besoin de raconter des histoires de bêtes, et souligne ainsi l’importance non seulement de la description mais aussi du récit dans l’élaboration des savoirs.
S’interroger sur les échos de l’histoire naturelle, depuis Buffon, dans la littérature française, en mettant l’accent sur les textes des XXe et XXIe siècles, nourris de darwinisme et d’éthologie, revient à poser à nouveau frais la question des rapports, au sein du monde animal, entre l’humain et le non-humain. Érudition et fantaisie se côtoient dans des textes qui ne dissimulent plus leur empathie à l’égard des bêtes – dans le cadre désormais reconnu, mais menacé, d’une appartenance commune au monde vivant.


« “Sang de velours” et “Dents de l’âme”, le rôle identitaire du sang et des dents dans l’œuvre d’Albert Cohen », Cahiers Albert Cohen numéro 21:  Figure de l’étranger, Éditions Le Manuscrit, 2011.

Tous les lecteurs de Cohen ont en mémoire la figure de Jérémie et son antique valise bardée d’étiquettes – qui en fait une figure par excellence de l’étranger. Solal se définit lui-même comme « seul, toujours, un étranger et sur une corde raide ». En 1946, Albert Cohen eut l’occasion de rédiger, dans le cadre de ses fonctions de conseiller juridique au Comité intergouvernemental pour les réfugiés, le texte d’un accord relatif à la délivrance aux apatrides d’un titre de voyage « plus luxueux que le passeport suisse » ; il s’en disait fier comme de « son plus beau livre ». Du statut politique d’étranger à la question de l’altérité, de la condition d’apatride à l’appréhension de sa propre étrangeté intérieure, quelles limites et quelle continuité se dessinent ? Les études de Pierre Bras et de Joëlle Zagury-Benhattar sur la figure de Jérémie et son arrière-plan historique, de Maxime Decout sur l’Égypte comme paradigme de l’étrangeté, de Than-Van Ton-That sur les « figures de l’étranger » chez Cohen et Proust, les hypothèses de Maurice Lugassy sur la tentation chrétienne de Cohen, d’Anaëlle Touboul sur les fonctions du travestissement, ou encore la lecture levinassienne de Jessica Desponds ou l’article de Baptiste Bohet sur le « rôle identitaire du sang et des dents », sont autant d’invitations à découvrir les multiples visages de l’altérité dans l’œuvre d’Albert Cohen.


« Folles et fous dans l’œuvre d’Albert Cohen », Cahiers Albert Cohen numéro 20 : La folie dans l’oeuvre d’Albert Cohen, Éditions Le Manuscrit, 2010.

Le lecteur d’Albert Cohen est assez vite frappé par la multiplicité des références à la folie dans l’œuvre. Pathologies diverses, folie prophétique du personnage principal, folie amoureuse, folie du monde, lyrisme échevelé et goût oriental de la grandeur et du travestissement : la folie est partout. Cohen, lui-même lecteur et admirateur de Freud, se livre à une psychopathologie de la vie quotidienne de ses personnages et nous conduit de l’appréhension clinique des comportements (narcissisme, mégalomanie, délire de persécution, scarifications, pulsions suicidaires) à une vision plus symbolique de la folie, carnavalesque au sens de Bakhtine ou prophétique au sens de Neher.


« Le système Solal »,  Cahiers Albert Cohen numéro 19 : Cohen « Humorialiste », Éditions Le Manuscrit, 2009.

« Humorialiste » : c’est par ce mot-valise (où se retrouvent l’humoriste, le moraliste et le mémorialiste) que Judith Kauffmann, enseignante à l’Université de Bar-Ilan, caractérisa naguère l’œuvre d’Albert Cohen dont elle fut l’une des meilleures spécialistes. Les Cahiers Albert Cohen rendent ici hommage à l’auteur de Grotesque et marginalité. Variations sur l’effet-Mangeclous (Peter Lang, 2000), qui nous a quittés en 2007. Certains articles sont directement en dialogue avec ses travaux et portent sur quelques-uns de ses thèmes familiers : le comique, le grotesque, la judéité ; d’autres portent sur des sujets différents et fraient des voies nouvelles. Mathieu Belisle propose une analyse originale des paradoxes du personnage de Mangeclous

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